Films de Stéphane Braunschweig
« Tout ou rien » : l’aspiration du pasteur Brand à une vie juste ne peut souffrir de limitation. Il est prêt à tout pour être fidèle à son idéal, emmenant mère, femme et enfant dans la tornade de ses sacrifices. Mais qu’est-ce que cette guerre qu’il mène contre la médiocrité d’un petit monde perdu au fond des fjords ? Un rappel héroïque à la nécessité de s’élever ? Ou un extrémisme dangereux, porteur de destruction ? Le désir de Brand d’être un sauveur ne cache-t-il que sa volonté de puissance ?
Captation de la pièce de Molière.
Mise en scène de Stéphane Braunschweig,
Filmé au Théâtre National de Strasbourg (TNS)
Le Misanthrope a toujours fasciné acteurs et metteurs en scène. C’est avec la troupe du TNS que Stéphane Braunschweig a choisi de se confronter, pour la première fois, au répertoire classique français. Il voit en Philinte et Alceste les deux faces d’un même personnage, tiraillé entre la nécessité d’être adulte et la difficulté de le devenir. C’est peut-être d’ailleurs cette immaturité que le Misanthrope partage avec Célimène : le « tout ou rien » d’Alceste trouvant son pendant exact dans l’incapacité de celle-ci à assumer un choix... Ce que nous raconterait alors cette histoire d’amour impossible, c’est la difficulté pour chacun de s’adapter à la réalité.
Une jeune femme rate son suicide, mais séduit les journaux par le récit de ses malheurs. Cette notoriété inattendue attire à elle un écrivain en mal de romanesque. À peine Ersilia a-t-elle le temps d’assister à sa transformation en icône médiatique et en héroïne littéraire qu’elle est prise au piège de ses propres mensonges : les protagonistes de son passé viennent contester le personnage que tous voient désormais en elle...
Les Warwand et les Rossitz, branches ennemies de la lignée des Schroffenstein, se soupçonnent mutuellement de vouloir exterminer les descendants de la branche adverse pour jouir pleinement de l’héritage familial. Dans un crescendo de haine, chaque offre de paix se retourne catastrophiquement en une nouvelle occasion de violence. Plus personne ne parvient à distinguer la situation réelle du fantasme qu’il en a. Et lorsqu’Ottokar, de la maison Warwand, et Agnès, de la maison Rossitz, tombent amoureux l’un de l’autre, c’est avec la terreur fascinée de qui se sait charmé par son plus mortel adversaire...
Tableau idyllique : un enfant dort sous les yeux de ses parents attendris. Brusquement, des soldats font irruption, menés par un commandant sardonique. La guerre entraîne le petit garçon et sa mère dans la fuite et l’exode. À toutes les étapes, ces questions : comment survivre, pourquoi ? A quel prix ? Mais pour aborder ces thèmes tragiques, le dramaturge israélien Hanokh Levin, disparu prématurément en 1999, ne se refuse ni l’humour le plus grinçant, ni la fantaisie. Des scènes presque comiques cohabitent avec des fragments reconnaissables de l’histoire du XXe siècle, comme en un kaléidoscope terrifiant.






