Armand Rouleau découvre la photographie à travers l’image des films de long-métrage au cinéma qu’il fréquente passionnément quand il a dix-sept ans. Suivra de longues années de pratiques marquées par les photographies de voyage. Puis, après quatorze années de divers travaux ouvriers, il intègre à vingt-neuf ans une formation d’opérateur de cinéma.
Ensuite, souhaitant rapidement « faire » ses propres images, il quitte le long cursus d’assistanat du film pour travailler pour la télévision.
Depuis, entre magazines et documentaires, il a essayé d’explorer ce vaste domaine où se sont succédé, magnifiques voyages et rencontres, comme avec le réalisateur Laurent Lutaud avec lequel il vit une riche et solide coopération. En parallèle, il réinvestit plus avant depuis quelque temps dans plusieurs projets le pur côté photographique qu’il souhaite confronter avec cette longue expérience.
Armand Rouleau est né a Grenoble d’un milieu sous-prolétaire où il arpenta beaucoup trop les rues avant de découvrir tardivement « sa » montagne. Collège écourté, apprentissage, petits boulots, atelier, service national en disciplinaire dans une unité d’élite, où il écrivait pendant les marches de soixante kilomètres !
Il écoutera plus tard sa soif de connaissance en étant assidu aux cours du soir durant quatre années, notamment en philosophie. Arts, sport, études et travail font « bon ménage » malgré les journées qui ne font que vingt-quatre heures ! Il découvrira également les voyages, avec une prédilection pour le Grand nord canadien et l’Alaska. Trop curieux, il est conscient de s’éparpiller et profitera de son licenciement pour négocier son départ et préparer un concours dans une école de cinéma. De tout cela reste aujourd’hui un grand intérêt pour le monde ouvrier, une bonne connaissance de la culture Inuit et les voyages, etc...
Qu'il vive !
Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains
La vérité attend l'aurore à coté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.
Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.
Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée.
Bonjours à peine, est inconnu dans mon pays.
On n'emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.
Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits.
On ne crois pas à la bonne foi du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie.
René Char