Philippe Pétain, "Résistances" - 11 (158 mn)

Entretiens avec Marc Ferro, Historien

- Pétain incarne la 1ère guerre mondiale plus que les autres généraux. Il a compris plusieurs choses essentielles pour les hommes de la troupe et le souvenir est resté. Parce qu'il connaissait tous les hommes. C'était sa nature - Il pense aux détails. Il est aussi imbu de sa personne. Il veut manger seul… C'est un home très simple. Il n'a pas lu Mein Kampf, il demande un résumé juste avant Montoire - les hommes politiques en France qui ont lu ce livre, sont rares. Tous les hommes politiques français, à droite comme à gauche, ont dit qu'Hitler ne ferait pas long feu.
- Sur l'Affaire Dreyfus - sa conviction intime mais secrète est que Dreyfus est innocent. C'est un homme qui se méfie et il va toujours se méfier. Sur les Mutineries : il comprend la condition de ces hommes …
- Blum : "cet homme est trop républicain pour l'envoyer chez Franco". Il est le seul général qui n'a pas failli le 6 février 1934. Il méprise le régime de l'époque : avant guerre : Daladier, Blum, Mandel - il les créditera fondamentalement de la défaite, et cela, c'est ancré dans le cœur des Français, ce n'est pas que Pétain, ils partagent ce sentiment. Pétain n'est pas fasciste - sur les idées en cours partout (Europe). Pétain n'a pas d'idée politique ferme - mais il est très psychologue - Il sait manoeuvrer. Il a une grande ambition personnelle, une sorte de vanité, et c'est pour ça que de Gaulle a rompu avec lui. Il n'est pas politique, mais il a des idées politiques
- C'est un provincial, un traditionaliste. Il devient plus que fasciste. À cette époque, personne n'imaginait que les Juifs ne reviendraient jamais (…) Encore une fois, son charisme vient de son comportement pendant la Grande Guerre. Son attention pour les soldats, le tourniquet des combattants … Le souvenir va rester - Il reste un personnage un peu sacré. Verdun - Pétain jugé trop prudent. Le 11 novembre 1918, Foch apparaît comme le vainqueur et Pétain lui reproche de lui avoir volé la victoire
- D'avril à juillet 1940. Avec Paul Reynaud, il se révèle plein de duplicité, mesquin. Les journées de l'Armistice - Weygand Pétain derrière. Pétain "ne veut pas parler à ces gens là" (les parlementaires), il laisse Laval aller au front. Il est écrasé - et la plupart des Français le sont - par la puissance Allemande. Un antisémitisme d'État qui le mène à la tragédie…
- Le renvoi de Laval à l'hiver 1940 reflète bien le caractère de Pétain. La lettre inédite de Pétain - sa vanité. Juillet aout 1944 : il est désemparé - Il a voulu faire appel au général de Gaulle - Il reste admiratif de de Gaulle. Après 45 de Gaulle pense que le vieil homme ne mérite plus autant de haine, il a une certaine commisération vis à vis de lui. Le procès est celui de la 3ème république - Laval au procès Pétain - Pétain à son procès
- Le débarquement en Afrique du Nord - Pétain et de Gaulle. L'argument du vieil âge, mais il n'est pas gâteux. Les dernières années, la captivité, le sentiment des Français, de Gaulle…

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